ACTIONS CORRECTIVES : ELIMINATION DES CHLORAMINES PAR LE TRAITEMENT D'EAU DU SITE D'HEMODIALYSE

Deux types de solutions peuvent être envisagées pour éliminer les chloramines :

- effectuer une surchloration afin de dépasser le break point sur le site de traitement par hémodialyse, puis éliminer le chlore résiduel par adsorption sur charbon actif avant le traitement par osmose ou déionisation;

- éliminer directement les chloramines par adsorption sur charbon actif avant osmose ou déionisation.

La surchloration puis charbon actif

Ce type de solution pose les problèmes et exigences suivants :

- dose de chlore à injecter difficile à maîtriser, car méconnaissance en continu du taux de chloramines ;

- nécessité d'un chloromètre pour contrôle l'absence de chlore résiduel après charbon actif. C'est un appareil fragile, qui, de plus, doit être étalonné tous les 15 jours ;

- nécessité de charbon actif en volume suffisant et de qualité maîtrisée ;(9)

- problème bactériologique après le charbon actif (formation d'un lit bactérien dans le charbon actif) ;

- présence d'un technicien obligatoire pour la maintenance et l'entretien du système.

C'est une solution qui paraît incompatible avec une activité d'autodialyse où le seul professionnel présent est une infirmière, mais qui peut être envisagée en centre ambulatoire.

Mise en place de charbons actifs adaptés à l'adsorption des chloramines(1)

Les chloramines, comme toute matière organique de faible poids moléculaire peuvent être éliminées par adsorption sur un charbon actif bien choisi avec un temps de contact adapté entre l'eau à traiter et le charbon actif.

L'adsorption des chloramines par le charbon actif est fonction :

- de la quantité de chloramines,

- de l'origine du charbon actif (ex : noix de coco, bois),

- pour une même origine de sa granulométrie,

- de la vitesse d'adsorption spécifique à chaque type de charbon.

Les problèmes posés par ce système sont les suivants :

- difficulté du choix du matériau ;(10)

- volume important de charbon actif : le temps de contact entre l'eau à traiter et le charbon actif doit être de 15 minutes à 30 minutes selon les professionnels du traitement de l'eau (soit 250 l de CA au minimum, pour 500 l/heure, pour 5 postes de dialyse). Cela représente un volume très important de charbon actif en autodialyse entraînant des problèmes de poids et de conception des systèmes hydrauliques ;(1)

- prolifération bactérienne importante donc obligation d'une filtration adéquate derrière le charbon actif pour éliminer la flore bactérienne ;(1)

- émission possible de fines de charbon, de résidus d'aluminium et problèmes de fuite de calcium, nécessitant un rinçage avant la mise en place du CAG ;

- système coûteux.

Cette solution est possible en centre. Elle reste la seule possibilité en autodialyse.

Choix du charbon actif(9)

Les charbons actifs qui ont la plus grande surface absorbante (1 400 m2/g), sont ceux dont la porosité est la plus petite. Ceux-ci sont les plus efficaces pour absorber les petites molécules organiques et les halogènes, c'est-à-dire les molécules d'un poids moléculaire de 60 à 300 daltons. Mais ils absorbent également des molécules organiques plus grosses.

Toutefois, l'efficacité à filtrer les monochloramines est moindre par rapport aux dichloramines et au chlore libre.

La capacité totale d'adsorption est le résultat du produit du pouvoir d'adsorption par la surface d'adsorption.

Le pouvoir d'adsorption peut être quantifié par la mesure de l'adsorption de l'iode à une concentration spécifique. Le résultat est exprimé par l'indice d'iode. Les charbons actifs utilisés en dialyse doivent avoir un indice d'iode minimum de 900 à 1 000.

La taille des granules de charbon actif est exprimée en mesh. Pour la dialyse la taille minimum préconisée est de 40 mesh soit une taille de particule de 0,9 mm.

La taille du lit de charbon utilisé doit être fonction du débit d'eau, qui doit être suffisant pour permettre la percolation de l'eau à travers le charbon actif, mais pas trop fort pour éviter un effet tunnel.

Le ratio du volume par rapport au débit est exprimé en temps de contact avec le liquide : volume CA (pied) x 7,48 (gallon/pied) / débit maximum (gallon/minute).

Il est fortement recommandé (c'est obligatoire en Californie), d'avoir deux tanks de charbon actif, montés en série, chacun ayant un temps de contact avec le chlore de 5 minutes. Ceci permet en recherchant les chloramines entre les deux tanks, de déterminé si le premier est épuisé (le second étant encore opérationnel). Quand cela survient, le second peut être placé à la place du premier, et un nouveau tank est installé à la place du second.

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